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Juridiction : Cour de cassationChef principal : abus de biens sociaux

Affaire Karachi (volet politico-financier)

Rétro-commissions sur les ventes d'armes au Pakistan et à l'Arabie saoudite (1994-1995) et financement clandestin présumé de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur

Le volet politico-financier de l'affaire Karachi porte sur les rétro-commissions présumées sur les contrats Agosta (sous-marins, Pakistan, 1994) et Sawari II (frégates, Arabie saoudite, 1994). Les enquêteurs soupçonnent qu'une partie de ces commissions soit revenue clandestinement financer la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995 — environ 10,25 millions de francs en espèces déposés en mai 1995. Le 15 juin 2020, le tribunal correctionnel de Paris condamne six prévenus (dont Nicolas Bazire, Renaud Donnedieu de Vabres, Thierry Gaubert et Ziad Takieddine). La Cour d'appel de Paris rend son arrêt le 21 janvier 2025 : Nicolas Bazire est relaxé en appel ; les autres condamnations sont confirmées ou ajustées. Édouard Balladur, jugé séparément par la Cour de justice de la République (seule juridiction compétente pour un ministre), est relaxé le 4 mars 2021 ; François Léotard est condamné définitivement. Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget, a été entendu comme témoin assisté mais n'a jamais été mis en examen dans ce dossier.

Édité par Nicolas Doucet · Fiche mise à jour le

  • Portrait de Renaud Donnedieu de Vabres
    Renaud Donnedieu de Vabres
  • Portrait de Abdul Rahman El-Assir
    Abdul Rahman El-Assir
  • Portrait de Édouard Balladur
    Édouard Balladur
  • Portrait de Pierre Mongin
    Pierre Mongin

En bref

  • Où en est le procèsPourvoi en cassation — La Cour de cassation vérifie que la loi a été correctement appliquée.
  • Prochaine échéance connueAucune date d'audience publique renseignée pour l'instant.

Les mis en cause identifiés ne sont pas au même stade procédural — le détail figure ci-dessous, personne par personne.

  • Dominique CastellanCondamnation en appel (non déf.)

    Peine (appel, non définitive) : 2 ans d'emprisonnement (arrêt d'appel du 21 janvier 2025). (peine non définitive)

  • Renaud Donnedieu de VabresCondamnation en appel (non déf.)

    Peine (appel, non définitive) : 4 ans d'emprisonnement avec sursis et 50 000 € d'amende (arrêt d'appel du 21 janvier 2025). Pourvoi en cassation possible. (peine non définitive)

  • Abdul Rahman El-AssirCondamnation en appel (non déf.)

    Peine (appel, non définitive) : 4 ans d'emprisonnement (arrêt d'appel du 21 janvier 2025). (peine non définitive)

Voir les 10 mis en cause

Statut d'avancement

Étape 7/9 · Arrêt d'appel

7 / 9 passées

Dernier fait daté le 21 janvier 2025

Détail étape par étape ci-dessous.

  1. 1/9Enquête / instructionsept. 2010
  2. 2/9Mise en examen15 déc. 2011
  3. 3/9Renvoi12 juin 2014
  4. 4/9Procès 1re instance7 oct. 2019
  5. 5/9Jugement15 juin 2020
  6. 6/9Appel3 juin 2024
  7. 7/9Arrêt d'appel· vous êtes ici21 janv. 2025
  8. 8/9Cassation
  9. 9/9Définitif

Contexte de l'affaire

Le contexte : entre 1994 et 1995, la France signe deux contrats d'armement majeurs — Agosta (3 sous-marins vendus au Pakistan, 5,4 milliards de francs) et Sawari II (deux frégates vendues à l'Arabie saoudite, 28 milliards de francs). Sur ces contrats, des commissions massives sont versées à des intermédiaires, dont le « réseau K » animé par Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir. Les enquêteurs soupçonnent qu'une partie de ces commissions soit revenue clandestinement en France pour financer la campagne présidentielle d'Édouard Balladur — 10,25 millions de francs en espèces (grosses coupures de 500 F) déposés à la banque le lendemain de l'élimination de Balladur au premier tour, en mai 1995.

Le 8 mai 2002, un attentat tue 14 personnes à Karachi, dont 11 ingénieurs français de la Direction des constructions navales (DCN). Les enquêteurs s'interrogent sur un lien avec l'arrêt des commissions du réseau K, décidé par Jacques Chirac à son arrivée à l'Élysée en 1995 (« la piste financière »). Cette piste est explorée dans un volet distinct.

Le volet politico-financier proprement dit s'ouvre le 22 janvier 2010 quand le procureur de Paris Jean-Claude Marin saisit le juge Renaud Van Ruymbeke. Plusieurs mises en examen suivent en 2011-2013 : Ziad Takieddine, Nicolas Bazire (alors directeur de cabinet de Balladur et directeur de campagne 1995), Thierry Gaubert (proche collaborateur de Sarkozy au ministère du Budget), Renaud Donnedieu de Vabres (chef de cabinet de Léotard à la Défense), Pierre Mongin (chef de cabinet à Matignon), René Galy-Dejean (trésorier de la campagne Balladur), et Dominique Castellan (PDG de DCNI).

Le 6 février 2014, les juges se dessaisissent au profit de la () pour ce qui concerne Édouard Balladur et François Léotard — la est en effet seule compétente pour juger les ministres pour des actes commis dans l'exercice de leurs fonctions ministérielles (les actes privés relèvent eux des juridictions ordinaires).

Le procès en première instance se tient du 7 au 31 octobre 2019 devant le de Paris. Le 15 juin 2020, six s sont s : Bazire et Donnedieu de Vabres écopent de 5 ans dont 2 avec sursis ; Gaubert de 4 ans dont 2 avec sursis ; Takieddine de 5 ans ; El-Assir de 5 ans ; Castellan de 3 ans dont 1 avec sursis.

Devant la , l'audience se tient du 19 janvier au 19 février 2021. Le 4 mars 2021, Édouard Balladur est relaxé ; François Léotard est à 2 ans avec sursis et 100 000 € d'amende. Le de Léotard est rejeté en juin 2021, rendant sa . François Léotard décède le 25 avril 2023.

Le procès en appel du volet financier se tient du 3 au 19 juin 2024 devant la de Paris. Le 21 janvier 2025, l'arrêt est rendu : Nicolas Bazire est relaxé en appel ; Donnedieu de Vabres écope de 4 ans avec sursis et 50 000 € d'amende ; Gaubert de 1 an ferme ; Castellan de 2 ans ; Takieddine et El-Assir de 4-5 ans. Ziad Takieddine, en fuite au Liban depuis 2020, décède à Beyrouth le 23 septembre 2025 sans avoir été extradé. Les s en cassation sont en cours pour plusieurs s.

Chronologie procédurale

Le stepper ci-dessus permet de sauter à une étape. Dépliez une carte pour lire le détail. Le badge personne indique le statut acquis à cette date, pas forcément le statut actuel.

  1. Étape 19

    Passée

    Enquête / instruction

    Information judiciaire — juge Van Ruymbeke

  2. Étape 29

    Passée

    Mise en examen

    Mises en examen successives

  3. Étape 39

    Passée

    Renvoi

    Renvoi devant le tribunal correctionnel

  4. Étape 49

    Passée

    Procès 1re instance

    Procès en première instance

  5. Étape 59

    Passée

    Jugement

    Jugement en première instance

  6. Étape 69

    Passée

    Appel

    Audience d'appel

  7. Étape 79

    En cours

    Arrêt d'appel

    Arrêt de la Cour d'appel

    Ce qui s'est passé

    Le 21 janvier 2025, la de Paris rend son arrêt. Nicolas Bazire est relaxé en appel — décision surprise. Les autres condamnations sont confirmées, parfois ajustées : Donnedieu de Vabres 4 ans sursis ; Gaubert 1 an ferme ; Castellan 2 ans ; Takieddine et El-Assir 4-5 ans. Des s en cassation sont annoncés après l'.

    Personnes concernées à cette date

    • Nicolas Bazire

      Relaxé en appel — décision surprise.

      Statut de Nicolas Bazire à cette étape

    • Renaud Donnedieu de Vabres

      4 ans sursis + 50 000 €

      Statut de Renaud Donnedieu de Vabres à cette étape

    • Thierry Gaubert

      1 an ferme

      Statut de Thierry Gaubert à cette étape

    • Dominique Castellan

      2 ans

      Statut de Dominique Castellan à cette étape

    • Ziad Takieddine

      5 ans — décédé en fuite le 23 septembre 2025 avant cassation.

      Statut de Ziad Takieddine à cette étape

    • Abdul Rahman El-Assir

      4 ans

      Statut de Abdul Rahman El-Assir à cette étape

    2 sources pour cette étape
  8. Étape 89

    À venirDate non communiquée

    Cassation

    Cassation

  9. Étape 99

    À venirDate non communiquée

    Définitif

    Définitif

Personnes concernées

Classement par rôle juridique — les statuts évoluent selon l'avancée de la procédure.

Voir tout l'annuaire

Les mis en cause identifiés ne sont pas au même stade procédural — le détail figure ci-dessous, personne par personne.

Mis en cause

10

Personnes poursuivies. Le statut affiché reflète l'état procédural connu à ce jour (voir rappel juridique ci-dessus).

Témoins

1

Personnes entendues sans être poursuivies. Le statut de témoin (ou témoin assisté) n'est pas une mise en cause.

Avocats

5

Conseils de la défense ou des parties civiles. Indiquons quand un avocat défend plusieurs personnes du même procès.

Renaud Donnedieu de Vabres · Défense

Thierry Gaubert · Défense

Sources

Wikipédia

Articles de presse

Affaires choisies pour leur documentation (sources officielles, archives), pas pour un agenda politique. Critères de sélection

Publiée le 18 mai 2026. Chaque étape affichée a été relue humainement avant publication.

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